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Entrevue avec Dominique Demers

Publié le 25 mai 2018

Dominique Demers est convaincue que d’aider les enfants à aimer lire peux changer le monde. Comme elle le dit avec tant de fougue et d’éloquence : « En tant qu’adulte, vous pouvez faire la différence dans le parcours d’un enfant en lui lisant des histoires. Il suffit de dix minutes de lecture par jour pour changer le monde! »

Dans cette optique, Dominique Demers et son éditeur, Dominique et compagnie, lancent une initiative pour donner davantage aux jeunes le goût de lire. Les 2 et 3 juin prochains, 20 000 exemplaires de l’album L’été de la petite baleine seront vendus dans les librairies indépendantes au prix symbolique de 1 $. Cette initiative est soutenue par une vingtaine d’organismes et s’arrime à la Journée des librairies indépendantes.

L’un des commanditaires importants est Solisco Numérix, qui a imprimé les livres gratuitement. Socadis s’est engagé à distribuer les exemplaires du livre dans les 120 librairies. La maison d’édition Dominique et compagnie a défrayé les coûts du papier, le forfait des créateurs, les peluches à faire tirer et autres dépenses. Si certains partenaires ont contribué financièrement, plusieurs autres apportent un soutien moral en médiatisant la campagne dans leurs réseaux.

Dominique Demers, comment avez-vous eu l’idée de cette initiative?
Je crois beaucoup à l’album et à la lecture à haute voix. Un bon livre, n’importe quel adulte peut l’ouvrir et le lire à un enfant. Il faut que cela se passe dans les familles, dans les maisons. Il y a trois ans, j’ai dit à mon éditrice, j’aimerais écrire un album qui serait donné. Mais c’était un gros projet, il fallait trouver des commanditaires… Sylvie Payette a travaillé très fort et tout le monde a embarqué au-delà de mes attentes. Gabrielle Grimard, l’illustratrice de L’été de la petite baleine a été extraordinaire d’embarquer dans ce projet. Plusieurs partenaires nous appuient moralement et donnent du temps pour faire connaître le projet.

Pourquoi est-ce important que les parents lisent à leurs enfants?

Au Québec, trop d’enfants ratent le premier maillon essentiel en lecture : ils ne se font pas raconter des histoires à la maison. Pour devenir lecteur, ce qui assure une meilleure réussite scolaire et un plus grand épanouissement dans toutes les sphères de l’existence, il faut apprendre à AIMER lire. Ce plaisir, c’est souvent un adulte qui le fait germer en lisant à haute voix une histoire illustrée, affirme Dominique Demers.

Beaucoup de parents ont déjà été lecteurs et disent qu’ils n’ont plus le temps. Mais il n’est jamais trop tard pour lire à son enfant. Ma grand-mère me lisait des contes traditionnels et c’est comme ça que je suis devenue lectrice. Cela a changé ma vie. Apprendre à lire, c’est du décodage, ce n’est pas la partie « l’fun ». Apprendre à patiner fait mal aux fesses, aux cuisses, mais tu persévères, car tu as vu des gens faire du patin artistique ou jouer au hockey. La clé de la lecture, c’est de vivre la magie. Il faut que plus de gens redécouvrent cette magie. Mon rêve, c’est que ça se passe dans les familles.

Quelle est votre perception en ce moment quant à la place de la lecture dans le quotidien des enfants et de leurs parents?
Je suis inquiète : les statistiques ne s’améliorent pas au niveau des performances scolaires en lien avec la lecture, ni au niveau des garçons et de la lecture. On a devant nous les premières générations qui ont grandi avec l’Internet, avec des messages fragmentés, syncopés, rapides et captivants, conçus pour retenir l’attention. Les enfants ont donc de plus en plus de difficulté à décoder longuement. Si on n’aide pas les enfants à devenir de vrais lecteurs, qui vont s’arrêter parce que c’est 3 pages d’affilée ou parce que c’est trop dense ou parce que ça demande trop de concentration, on s’en va vers un amoindrissement de l’être humain.

Lire rend plus libre et plus puissant. Mais il y a urgence dans la demeure. La lecture est un effort et si on ne fait pas cet effort, on va devenir des êtres humains moins intéressants, moins performants et très limités dans nos capacités d’épanouissement.

Vendre un album à 1$, est-ce que cela va encourager les parents à lire davantage à leurs enfants?
Un livre à 1$, ce n’est pas ça qui change le monde. Mais notre initiative veut amener les familles à venir dans les librairies indépendantes. Le livre à 1$, c’est un prétexte pour avoir un discours social, médiatique, communautaire, familial, sur l’importance de lire à haute voix pour les enfants.

Fier partenaire de l’initiative, Campagne pour la lecture vous encourage à vous procurer ce livre les 2 et 3 juin prochains!

 

L'été de la petite baleine

Dominique Demers
Illustrations: Gabrielle Grimard
Dominique et compagnie
ISBN 13: 9782897853082

Le petit Gnouf et Mirabelle sont fous de joie. Ils vont voir la mer pour la première fois de leur vie.

Mais à peine arrivés sur le bord de l'océan, Mirabelle et son ami sont alertés par un son de détresse. Un bébé baleine gît sur le sable, prisonnier d’un filet de pêche. N'écoutant que leur grand cœur, le petit Gnouf et Mirabelle feront tout pour le sauver.

L'auteure Dominique Demers croit que donner le goût de la lecture aux enfants peut changer le monde... et nous aussi ! Voici donc une édition exclusive comprenant une version rigide et une version souple à offrir pour propager le goût de lire autour de vous !