Critiques de livres jeunesse

Critique de livre jeunesse : Petit monstre

Publié le 14 avril 2017

Enseignants ou parents, vous cherchez un album idéal pour faire lire les enfants à voix haute? Un album pour leur faire apprendre un joli poème par cœur (comme dans le bon vieux temps). Un petit poème pas compliqué, que l’enfant pourra réciter, haut, fort et fièrement, devant un auditoire charmé. Ne cherchez plus. Caroline Merola a pondu juste ce qu’il vous faut. Une histoire comique, entre comptine et poésie, avec des rimes faciles (mais pas bébêtes!) et juste ce qu’il faut de coquinerie pour séduire les lecteurs en herbe.

Petit monstre est une histoire toute simple, mais une simplicité dans ce qu’elle a de plus authentique et de plus gracieux. Une petite fille nous parle de son monstre de poche. Il est très vilain et très moche, ce monstre de poche. À preuve : il mord tout ce qui bouge, aime le désordre et collectionne les gros mots saugrenus. En plus, ce petit monstre adore les bonbons moisis et les fruits pourris.

Dans un texte rimé et rythmé, le récit alterne entre le réel et l’imaginaire, entre les activités quotidiennes d’une petite fille et ses envolées inventives. On la suit tandis qu’elle traverse une rivière à dos de crocodile, puis prend le thé avec un loup et un éléphant. La fin s’avère rigolote et volontairement ambiguë, laissant le lecteur décider de ce qui est réalité et de ce qui est peluche…

Bédéiste et illustratrice expérimentée, avec une quarantaine de livres publiés, Caroline Merola démontre ici pourquoi elle a été lauréate ainsi que plusieurs fois finaliste du prix du Gouverneur général. Elle écrit dans un style proche des enfants et sait leur offrir un univers à la fois espiègle et rassurant.

Dans ses illustrations créées avec des encres de couleur et des crayons de bois, les lignes sont arrondies, les contours clairement définis. Avec ses deux crocs acérés et sa tête à piquants, le petit monstre moche est effectivement plutôt laid, mais ses mimiques expressives et ses folles cabrioles font de lui une sympathique fripouille.

D’une foule de petites touches rigolotes, Caroline Mérola crée un univers haut en couleur, à mi-chemin entre le réel et le merveilleux. Il faut s’attarder sur cette superbe double page qui présente le tableau d’un jour de pluie, où l’immense oreille de l’éléphant sert de parapluie à la fillette, qui a mis son monstre moche bien à l’abri dans sa poche. À remarquer aussi l’inventivité des pages de garde, où une tasse fracassée et une illustration décadrée titillent drôlement la curiosité du lecteur.

Mignon, mais pas mièvre, simple, mais pas simpliste, Petit monstre est aussi rafraîchissant qu’une belle brise de printemps.

Andrée Poulin
Andrée Poulin Andrée Poulin
  Auteure, journaliste et blogueuse, Andrée Poulin a publié une trentaine de livres pour les jeunes. Elle dévore les bouquins qui font réfléchir et rêver, qui font rire et pleurer.

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