Critiques de livres jeunesse

Critique de livre jeunesse : La puanteur des morts

Publié le 24 février 2017

Après le roman Nouvelle-Orléans, parmi les finalistes pour le prix du Gouverneur Général et toujours en lice pour le Prix jeunesse des libraires, Camille Bouchard retourne dans cette ville haute en couleurs de la Louisiane, faisant revivre certains des personnages de ce roman dans une toute nouvelle aventure qui met cette fois en scène un enquêteur. En effet, quand une esclave noire est retrouvée morte, des symboles vaudous gravés dans sa chair, le Cap’taine Hube soupçonne déjà qu’il n’a pas affaire aux habituelles violences de ce coin sombre de la ville. C’est d’abord vers la prêtresse Marinette Amande qu’il se tournera pour comprendre la signification du vévé, tout en sollicitant l’aide de deux jeunes garçons, Tilmond et Sauterelle, et d’un joueur de cartes invétéré pour obtenir des informations. Malgré les bâtons dans les roues que lui met son patron, davantage désireux de plaire aux riches propriétaires de plantation que de résoudre le meurtre d’une esclave noire, Cap’taine Hube poursuit son enquête, encore plus résolu lorsque de nouveaux cadavres s’ajoutent à l’enquête… Installant son intrigue en 1861, alors que l’ombre de la guerre de sécession plane et que les tensions sont à leur comble, Camille Bouchard a tissé ici une histoire particulièrement relevée. Si elle reprend les décors de Nouvelle-Orléans, on est complètement dans autre chose et, mis à part Marinette Amande, la plupart des autres personnages du précédent roman ne font qu’une apparition dans l’enquête. Cette dernière est complexe, nourrie au compte-goutte par les indices trouvés par l’équipe, ainsi que par le témoignage de la jeune Dalinia, fragmenté entre les chapitres. Avec une écriture visuelle et odorante grâce aux descriptions précises qui, sans être trop lourdes, font en sorte de transporter le lecteur dans les scènes décrites, l’auteur est au sommet de son art. Publié dans la collection Magellan, qui s’adresse à des lecteurs avisés et avertis, ce roman n’est pas édulcoré et certaines scènes, très crues, peuvent déranger. On sait toutefois comment l’auteur a le souci du détail et que sa reconstitution de l’époque est fidèle, ce qui rend la lecture d’autant plus percutante. Vive le dépaysement!

Sophie Lit
Sophie Lit Sophie Lit
  Enseignante au secondaire et dévoreuse de livres à temps plein, Sophie Gagnon tient le site Sophielit.ca pour propager le plaisir de lire chez les adolescents et monte différents projets dans le but d’amener les ados à lire et partager leurs coups de cœur.

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