Critiques de livres jeunesse

Critique de livre jeunesse : La poésie c’est juste trop beurk

Publié le 16 janvier 2018

Pierre Labrie le dit lui-même, il n’a pas aimé la poésie jusqu’à ses vingt ans… puis il en est tombé fou amoureux. Écrivain et poète, il visite de nombreuses écoles chaque année et se rend compte au quotidien que de nombreux jeunes boudent encore ce genre qui, pourtant, est si riche… et va bien au-delà de ce qu’on pourrait penser. C’est pourquoi il a eu envie d’écrire ce court roman qui allie humour, quotidien et poésie!

Quand Noah, Jérémy, Lou et Francis écrivent « Nous on n’aime pas la poésie » sur les murs de leur école, le directeur, Monsieur Lucien, a une idée : lancer un concours de poésie. Les quatre garçons rigolent : qui va participer à ce concours à part les filles qui aiment « les cœurs, les fleurs, les arcs-en-ciel et les licornes »? Déjà qu’ils sont obligés d’écrire un poème pour la Saint-Valentin en classe… Mais quand ils découvrent que le prix est une journée à La Ronde, la tentation est grande. Et au fil de leur recherche de thèmes et d’idées, Noah, Jérémy, Lou et Francis se rendront compte que la poésie, c’est beaucoup plus que ce qu’ils croyaient, on peut même parler de hockey et de jeux vidéo!

Si certains ont questionné le choix de Pierre Labrie de faire passer l’intérêt pour la poésie par l’attrait d’une journée à La Ronde, il faut tout de même saluer le travail de l’auteur pour démystifier ce genre auprès des jeunes lecteurs. S’il existe d’excellents livres de poésie pour les enfants, il y a trop peu de médiateurs pour en parler, ce qui fait que de nombreux préjugés ont cours en classe. Ici, Pierre Labrie les démonte un par un avec beaucoup d’humour et grâce à ses quatre personnages principaux auxquels les lecteurs peuvent s’identifier. Il s’amuse aussi avec des clins d’œil que les adultes amateurs de poésie et de littérature reconnaitront, par exemple avec le nom de l’école (Gaston-Miron) et le personnage du directeur… que Jean Morin a dessiné comme Robert Soulières, leur éditeur. Mention spéciale aux dessins, d’ailleurs, particulièrement aux expressions des personnages. Jean Morin rend très bien le dégoût du départ, oui, mais aussi la surprise, l’intérêt… et la joie finale.

Suggestion : c’est le genre de récit à accompagner de livres de poésie divers, question de permettre aux lecteurs d’aller plus loin et de découvrir eux aussi une poésie qui les allume!

La poésie c’est juste trop beurk

Pierre Labrie
Illustrations: Jean Morin
Soulières
ISBN 13: 9782896074013

La première et la dernière phrase : « Nous on n'aime pas la poésie ! » et « Qui aurait dit que la poésie les y conduirait ? »

Sophie Lit
Sophie Lit Sophie Lit
  Enseignante au secondaire et dévoreuse de livres à temps plein, Sophie Gagnon tient le site Sophielit.ca pour propager le plaisir de lire chez les adolescents et monte différents projets dans le but d’amener les ados à lire et partager leurs coups de cœur.

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