Critiques de livres jeunesse

Critique de livre jeunesse : 16 ans et papa

Publié le 4 avril 2017

Marilou Addison parle de parentalité adolescente dans ce nouveau roman de la collection Tabou, mais cette fois en donnant la parole au père. Elle en profite pour parler de filiation, des rapports parfois difficiles entre père et fils, et d’adolescence, tout simplement.

À seize ans, avec un physique avantageux et des amis festifs, Benjamin profite de la vie, finissant souvent ses soirées dans les bras de filles dont il ne connait que le nom… et encore. Mais quand l’une d’elles le recontacte pour lui dire qu’elle est enceinte et qu’il est hors de question qu’elle avorte, il revient sur terre.

Parce qu’il a beau d’abord vivre dans le déni, une fois que sa mère apprend que son petit-fils est né et qu’elle l’emmène de force à l’hôpital, quand il rencontre Liam et qu’Andréanne, la mère, sombre dans la dépression postpartum, Benjamin n’a pas le choix de prendre ses responsabilités. Ce qui veut dire qu’il dormira moins, qu’il devra trouver du temps pour étudier, mais aussi pour travailler afin de subvenir aux besoins de son fils, tout en essayant de préserver des moments pour lui. Après tout, il n’a que seize ans…

Il y a plusieurs romans qui parlent de parentalité à l’adolescence, mais rares sont ceux qui abordent les choses du point de vue du père, de celui qui n’a pas le choix. En effet, les romans sur le sujet s’attardent souvent au cheminement de pensée de la future mère, avec ses doutes, ses options. Mais quand Benjamin reçoit le téléphone d’Andréanne lui annonçant qu’il va être père, il n’a pas d’options. Oui, ne pas le reconnaitre, refuser toute responsabilité, mais le bébé sera là, qu’il le veuille ou non.

Bien que le personnage soit antipathique au départ parce que trop imbu de lui-même et superficiel, la vie le force à changer et cette évolution est intéressante à suivre, Marilou Addison étant particulièrement douée pour montrer les cheminements de la pensée avec ce roman écrit à la première personne. Si c’est parfois un peu lourd parce que cela entraine des répétitions, ça permet au lecteur de comprendre davantage.

Une autre force du roman, c’est qu’il ne s’arrête pas aux clichés. Ainsi, avec la dépression postpartum d’Andréanne, elle montre un père qui décide de prendre soin de son fils, qui assume ses responsabilités. C’est Benjamin qui développe cet amour parental si fort, qui prend soin de son fils. Et c’est un modèle positif pour ceux qui pourraient vivre cette réalité.

Sophie Lit
Sophie Lit Sophie Lit
  Enseignante au secondaire et dévoreuse de livres à temps plein, Sophie Gagnon tient le site Sophielit.ca pour propager le plaisir de lire chez les adolescents et monte différents projets dans le but d’amener les ados à lire et partager leurs coups de cœur.

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